Abdoul-Mbaye

Parlons de la République, de la République Sénégalaise !

Comme pour la démocratie, le Sénégal a également les attributs de la République : des élections tenues régulièrement, qui permettent au peuple d’exercer sa souveraineté ; des lois qui sont supposées assurer l’égalité entre les citoyens.

Les attributs sont indispensables et nécessaires. Mais, en république, comme nous l’ont enseigné les Anciens, il faut aussi et surtout avoir de la vertu. Cette vertu qui assure cohésion de la République, son équilibre et sa pérennité ; « cette vertu qui est amour des lois et amour de la patrie ; amour qui implique nécessairement la préférence continuelle de l’intérêt public au sien propre », comme l’a écrit Montesquieu. L’amour des lois et de la patrie exige de tout sénégalais, surtout de ceux qui ont la charge de diriger le pays, le respect scrupuleux de l’Etat de droit, la garantie sans concession de l’égalité des citoyens en droits et en devoirs, la défense obsessionnelle de l’intérêt général et la protection sans faille du bien public.

Au Sénégal, ceux qui nous gouvernent aiment-ils les lois ? Respectent-ils l’Etat de droit ?

On peut en douter, lorsqu’on voit le mépris constant des règles et des procédures à tous les niveaux du pays, notamment par ceux qui doivent les faire respecter. Regardez les nombreux viols de la loi électorale par d’éminentes autorités du pays; observez combien de fois un des droits les plus élémentaires en démocratie, celui de manifester, est souvent refusé aux uns et accordé aux autres ; notez le nombre incalculable de manquements et fautes révélés par les rapports des corps de contrôle et restés sans suite.

Font-ils preuve d’amour de la patrie ? Mettent-ils l’intérêt général au-dessus de tout ?

Les faits ne plaident pas en leur faveur. Ils sont là : la politisation sans retenue de la haute fonction publique et de la diplomatie, les nominations se faisant plus sur la base d’un brevet de militantisme, que de la compétence ; outrage suprême à l’intérêt général que le comportement de ces militants politiques placés à la tête d’entreprises publiques, qui dilapident le bien public et se muent en distributeurs automatiques de billets aux amis, aux flagorneurs et aux copains.

L’Administration et la diplomatie sénégalaises, reconnues hier pour leur excellence et leur impartialité, sont devenues aujourd’hui des repaires de militants politiques et d’obligés. L’exigence de compétence n’est pas le souci de nos gouvernants.

Ceux qui nous gouvernent, garantissent-ils l’égalité sans concession entre les citoyens ?

Tout ce qui vient d’être écrit prouve le contraire. Au Sénégal, le poète aurait écrit : « selon que vous soyez proche ou éloigné, les jugements de cour vous rendront puissant ou faible »

Au Sénégal, la démocratie et la république vont mal.

Extrait lettre adressée aux Sénégalais en mai 2016

Abdoul Mbaye

Alliance pour la Citoyenneté et le Travail


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